La génétique: plus que jamais indispensable dans les années à venir !

Par Hendrik Tschoep, nouveau Directeur de Recherche SESVanderHave.

Avec les challenges à relever que sont le changement climatique, l’augmentation de la population mondiale et la demande sociétale pour des systèmes agricoles plus efficients en termes de ressources, l’innovation génétique a plus que jamais un rôle important à jouer.

Comme les autres plantes, la betterave sucrière est la cible de nombreux parasites (nématodes, virus, champignons, insectes,…). Que peut apporter la sélection des plantes ?
De nombreuses plantes sont naturellement résistantes aux bioagresseurs. L’objectif du sélectionneur est de repérer ces plantes le plus rapidement possible pour pouvoir en faire bénéficier les agriculteurs et ainsi apporter une solution efficace. La sélection de résistance est particulièrement importante s’il n’y a pas d’autres mesures de protection contre un agent pathogène. C’est le cas de certaines maladies virales (comme la rhizomanie) ou des nématodes. En conclusion, la protection des plantes ne peut se passer de la sélection, c’est une évidence.

On parle de plus en plus de stress abiotiques. Quel est votre avis ?
C’est surtout le changement climatique qui rend la tolérance aux stress abiotiques nécessaire. Les experts climatologues s’attendent à ce que les hivers soient plus doux et humides et les étés chauds et secs. Cela entraîne l’apparition et la propagation de ravageurs nouveaux et la betterave n’y échappe pas. En tant que sélectionneurs, c’est une chose que nous devons anticiper puisque la sélection de nouvelles variétés de betteraves peut prendre jusqu’à dix ans. Il est primordial pour nous d’être en mesure d’évaluer les parasites émergents sur les betteraves sucrières. La résistance à la sécheresse et aux températures élevées est également importante puisqu’on s’aperçoit que les épisodes de stress hydrique et de fortes chaleurs sont de plus en plus fréquents en Europe. Tous ces différents axes de sélection nécessitent évidemment beaucoup
de moyens et c’est pourquoi nous consacrons chaque année plus de 15 % de notre Chiffre d’Affaires à la recherche.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le métier de sélectionneur. Comment a-t-il évolué ?
Le sélectionneur est toujours en charge de la création des variétés. C’est un métier très varié avec pour principales missions de définir les objectifs de sélection, gérer les programmes de sélection et assurer les relations avec les collaborateurs en interne et en externe. Tout cela au service de la filière et des agriculteurs. Ce qui est motivant, ce sont les enjeux et la diversité des missions dans un contexte agricole, politique et environnemental en perpétuelle évolution. Le contact humain est aussi quelque chose de très positif, que ce soit avec les équipes en interne ou avec les clients, dont il faut saisir et anticiper les besoins. Ces dernières années, notre métier a fortement évolué car nous utilisons aujourd’hui des outils très modernes. Nous faisons partie d’une équipe pluridisciplinaire où nous devons coordonner les compétences des experts en statistiques, bio-informatique, analystes de données, analystes d’images, généticiens, phytopathologistes, Notre métier s’est fortement digitalisé et notre plus gros challenge aujourd’hui est l’analyse de données provenant de ces différents “nouveaux métiers”. Un esprit de synthèse est indispensable pour regrouper toutes ces informations afin de proposer aux agriculteurs des variétés qui correspondent à leurs besoins.

 

Les objectifs de sélection ont évolué, les techniques aussi!

*Source: Euroseeds.

La sélection a une grande histoire en termes d’innovation. Depuis la découverte des lois de la génétique par Gregory Mendel, les sélectionneurs ont développé des techniques de sélection améliorées. Ils ont ainsi pu augmenter la diversité génétique et sélectionner les plantes les plus performantes de façon plus ciblée et efficace : c’est la sélection de précision !

“La sélection végétale est un outil d’innovation indispensable pour répondre aux différents challenges agricoles et alimentaires à venir : adapter les plantes aux changements climatiques, augmenter la productivité pour répondre à l’augmentation de la population, satisfaire les besoins et les exigences des consommateurs par la qualité et la sécurité sanitaire. Cette innovation s’appuie sur des techniques ancestrales de sélection conjuguées aux découvertes sur la génétique et aux connaissances acquises en biotechnologies végétales.”

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